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diff. hist. edit. admin

Lorsque le premier MacDonalds japonais a ouvert en 1971 à Ginza, tout le
monde pensa que c’en était fini du raffinement culinaire. La simplicité d’un riz
blanc immaculé orné d’une simple umeboshi (prune salée), le parfum d’une
soupe chaude de miso, la tradition des bento, déjeuners que préparait okasan
(maman) avec amour, qu’elle plaçait dans de belles boîtes laquées et que cha-
cun mangeait avec attendrissement sur le lieu de son travail, tout cela allait pas-
ser sous le rouleau compresseur américain sans que les Japonais réagissent ?
Ce serait oublier la fierté nippone. Certes, à  l’heure de la guerre économique,
il n’était plus question de cette cuisine si artistique à voir mais si longue à prépa-
rer. De toute manière, les femmes, au nom de leur libération, ne voulaient plus
passer leur vie devant les fourneaux, et compter sur les jeunes ou les maris, on
pouvait toujours courir. Bref, le salut ne pouvait venir de la famille et dans un pays
aussi dynamique économiquement, un marché ne pouvait rester longtemps inoc-
cupé. C’est alors qu’on a vu arriver les bento modernes, plateaux-repas frais pré-
parés industriellement et livrés aux supermarchés pendant la nuit. Le succès fut
immédiat.
Aujourd’hui encore, cette industrie fait le bonheur des étudiants, des célibataires
et des maris modernes ou obligés de l’être. La menace du Big-Mac n’est plus
vraiment d’actualité, surtout depuis que les MacDonalds se sont mis à vendre des
boulettes de riz...

Tags : Gastronomie

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