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Courrier international
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=4974&provenance=hebdo

JAPON -  Avez-vous goûté le véritable riz koshihikari ?

Bon mais trop cher, le riz fut longtemps une préoccupation pour l'Etat nippon, qui devait subventionner les producteurs. Aujourd'hui, grâce à la vogue des sushis, de nouveaux marchés semblent s'ouvrir à l'exportation.
Après la restriction de 40 % de la production imposée pendant une longue période par le gouvernement et l'augmentation des importations, qui couvrent aujourd'hui près de 10 % de la consommation nationale, un mouvement voit le jour pour tenter d'enrayer le déclin de la riziculture au "pays des épis de riz rayonnants" [voir ci-contre]. A Kamo, dans la préfecture de Niigata [l'une des principales régions rizicultrices de l'archipel, située au nord de Tokyo], les 52 membres de la coopérative spécialisée dans la production de riz biologique ont commencé il y a deux ans à exporter aux Etats-Unis la variété koshihikari [une des meilleures du pays]. Au départ, les commandes provenaient uniquement de Japonais expatriés, mais les Américains sont peu à peu devenus clients, et la coopérative, qui a exporté 1 tonne de ce riz l'an dernier, prévoit d'en expédier encore davantage cette année. Le sac de 5 kilos se vend 40 dollars, soit cinq ou six fois plus cher que le riz américain. "C'est tout de même moins cher qu'au supermarché, car le client l'achète directement au producteur", souligne Kenichi Ishizuki, 44 ans, qui dirige la coopérative. "De plus, comme notre riz est biologique, il a un bien meilleur goût et ne présente aucun danger pour la santé, ce qui contribue à fidéliser les clients."
 Convaincu que, lorsqu'un produit est plus cher mais que sa valeur ajoutée excède cette différence de prix, le consommateur se laisse tenter, M. Ishizuki envisage d'installer un point de vente de petites pyramides de riz (onigiri) aux Etats-Unis. Non seulement cette opération permettrait d'absorber la différence de prix, mais elle donnerait aux Américains la possibilité de découvrir la véritable saveur du riz japonais, ainsi que son mode de cuisson et de préparation.
 Depuis les années 90, la production à l'étranger de variétés de riz japonaises de qualité comme le koshihikari et l'akita-komachi s'est fortement accrue, en raison de la vogue mondiale des sushis et de l'intérêt croissant pour l'art culinaire japonais en général. "Si le secteur agricole japonais ne prend pas les choses en mains, le monde va être submergé de produits qui ne seront pas issus de l'agriculture nippone", souligne Shiichi Ito, maître de conférences à l'université de Tottori. "Les amateurs étrangers de cuisine japonaise seront natu- rellement attirés par des restaurants qui utilisent des ingrédients venant directement du Japon. La culture culinaire nippone joue un grand rôle dans la tendance mondiale à s'orienter vers une alimentation plus saine et plus naturelle."
 L'an dernier, l'adhésion de Taïwan à l'Organisation mondiale du commerce [donc l'ouverture du marché] a engendré un véritable boom des produits agroalimentaires japonais dans l'île. Les habitants se sont jetés sur le riz uonuma-koshihikari, alors même que le sac de 2 kilos se vendait 500 yuans [13,5 euros], soit six fois plus cher que le riz local, et 60 tonnes ont été écoulées en moins d'un mois. De même, dans un pays à forte croissance comme la Chine, les riziculteurs délaissent les uns après les autres le riz indica pour le japonica, une variété plus moelleuse. La classe aisée, toujours plus nombreuse, demande un riz de qualité supérieure. Dans d'autres pays d'Asie également, la population, plus prospère, commence à s'intéresser au riz japonais, plus savoureux et plus naturel. Il y a là un formidable créneau pour nos riziculteurs. Désormais, le riz japonais a un grand pouvoir d'attraction, comme s'il s'agissait d'une grande marque.
 Hiroshi Shiraiwa, qui s'est spécialisé dans l'agroalimentaire en travaillant dans une grande maison de commerce, a exposé dans un magazine sa "stratégie d'exportation". "S'il existe un marché à l'exportation, on devrait pouvoir ajuster l'offre et la demande en visant les secteurs domestiques et étrangers les plus rentables, écrit-il. Les agriculteurs n'auraient plus le sentiment d'être pris à la gorge et seraient sensibilisés à la nécessité de procéder à des réformes."
 En réponse à cet appel, Tasuku Kanesaka, 83 ans, a annoncé son intention d'exporter du riz. Vice-président de la Commission de réforme foncière d'Inbanuma, dans la préfecture de Chiba [à l'est de Tokyo], M. Kanesaka projette de cultiver le riz "le meilleur marché et le plus savoureux du monde" dans ses nombreuses rizières, dont la plus grande fait 7,6 hectares. "Même si elle a tardé, notre agriculture est en train de devenir une industrie, observe-t-il. Et, comme chacun sait, l'industrie a pour mission de répondre aux besoins des consommateurs du monde entier au coût le plus bas possible. Notre tour est enfin venu." Les efforts de ces producteurs audacieux demandent à être soutenus. Tout au moins faut-il veiller à ne pas les décourager. Voilà la tâche qui incombe aux élus et à l'Etat.
Asahi Shimbun
 
L'OMC à l'affût

La politique rizicole mise en place en 1970 prendra fin en 2008, a récemment décidé le gouvernement. En trente ans, la superficie des rizières japonaises a diminué de 40 %, et l'Etat a accordé chaque année une subvention de près de 300 milliards de yens (2,3 milliards d'euros) aux producteurs. Ce qui n'a pourtant pas empêché la chute continuelle du prix du riz ni le recul de sa consommation. Le mois prochain, au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les négociations agricoles reprendront, ce qui placera le Japon dans une position peu confortable. L'OMC lui demande en effet de faire passer le taux de ses taxes douanières sur le riz de 490 % à 270 %, ce qui favorisera l'importation de riz étranger. Une question délicate pour la majorité conservatrice au pouvoir.

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Burkina/Japon
http://www.abcburkina.net/vu_vu/vu_18.htm

Les  gouvernements japonais et burkinabè ont procédé le 10 avril  2003 à Ouagadougou à la signature de notes concernant un don  d’un milliard 800 millions de FCFA. Ce don entre dans le  cadre de l’aide alimentaire que le Japon apporte à notre

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Il (l'ambassadeur japonais) commence par dire que ce don "est destiné à l'achat de  riz dans le cadre de l'aide alimentaire KR-2002"; puis il insite en  disant "que son pays tenait au respect scrupuleux des termes de ce  don" (donc qu'il serve bien à acheter du riz... et donc pas du maïs  ou autre céréale...).

[...]

C'est que cette aide va permettre au Japon  de respecter la lettre des accords de l'O.M.C. Le Japon taxe fortement  le riz à l'importation (à un taux de 490 % !), ce qui empêche  l'importation de tout riz étranger. Mais dans les accords de l'OMC, il  est spécifié que 5 % de la consommation doit pouvoir entrer librement  sans taxe, en se fournissant sur le marché mondial. C'est la fonction  de l'aide alimentaire du côté du Japon : Ces 5 % vont être donnés  sous forme d'aide alimentaire, ce qui permet de protéger totalement ses  producteurs de riz, qui peuvent ainsi vendre leur riz 5 ou 6 fois plus  cher que le cours mondial, et donc vivre dignement de leur travail

Tags : Riz economie

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