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    De :       sofunk@noos.fr
    Objet :     Société: Sushi et gros poissons en mer d'Okhotsk
    Date :     23 janvier 2005 18:32:57 HNEC
    À :       g.lafont@noos.fr

Société: Sushi et gros poissons en mer d'Okhotsk



AkiraNinja a écrit : "La passion des Japonais pour le poisson cru n'est pas
seulement un cliché. L'obsession nippone de manger toujours plus frais
représente également une véritable manne pour le marché noir, organisé
autour du pillage des ressources de la mer, entre le nord du Japon et l'île
russe de Sakhaline. Comme l'explique le quotidien «Far Eastern Economic
Review», la mafia russe se charge de la pêche illégale des poissons et des
fruits de mer dans les eaux russes, tandis que les yakuzas (mafias
japonaises) s'occupent de la distribution et de la vente des produits sur le
sol japonais.

Les plus grosses compagnies commerciales japonaises ne sont pas en reste
puisqu'elles profitent des arrivages illégaux, à l'image de la firme
Mitsubishi, qui a admis en 1999 avoir vendu du thon pêché illégalement. Dans
les ports japonais, des acheteurs «venus de l'extérieur» emportent les
cargaisons illégales en toute connaissance de cause. Pour le directeur d'une
firme de pêche de Wakkanai, à l'extrême nord du Japon, la combine ne fait
pas de doute : «Qui à part les grosses compagnies de commerce pourrait
dépenser 2,6 millions d'euros en une seule fois ?»

 Les chiffres d'affaires générés par ce commerce illégal sont difficiles à
évaluer précisément, surtout quand les principaux protagonistes ne
présentent pas la même version d'une histoire qu'ils écrivent pourtant
ensemble. «D'après les autorités japonaises, les importations de fruits de
mer en provenance de Russie se sont élevées à 700 millions d'euros en 2000.
Pour la même période, les autorités russes indiquent des exportations en
direction du Japon d'une valeur de 3 millions - dérisoire», rapporte la «Far
Eastern Economic Review». Pendant ce temps, l'Association japonaise des
industries de pêche estime que ce commerce entre le Japon et la Russie
rapporte au moins 1,2 milliard d'euros par an...

 La complaisance de Tokyo

 Ces pratiques ne datent pas d'hier. En effet, «les gangs japonais ont été
les premiers impliqués dans la pêche illégale, dans les années 60», explique
la «FEER». A l'époque, les Nippons n'avaient pas le droit de pêcher dans les
eaux russes, et les autorités japonaises toléraient les excursions des
yakuzas parce que les pêcheurs jouaient les espions. «Pendant longtemps, les
embarcations illégales ont été la meilleure source d'information du
gouvernement japonais à propos des Territoires du Nord», rapporte Hiromi
Teratani, expert des relations nippo-russes à l'université Aoyama Gakuin de
Tokyo.

 Cette collusion officieuse se serait poursuivie jusqu'à aujourd'hui, mais
pour des raisons beaucoup plus économiques. A y regarder de plus près, Tokyo
n'avait pas vraiment intérêt à réprimer les fraudes au sushi. Une répression
trop sérieuse aurait été lourde de conséquences sociales dans des régions où
les revenus issus de la pêche sont vitaux pour l'économie locale. Dans la
ville de Wakkanai, ces revenus ont représenté l'année dernière quelque 170
milliards d'euros.

 Malgré tout, devant la recrudescence des meurtres entre gangs, Tokyo a
durci en mars dernier ses contrôles sur les importations de poissons venues
de Russie et a en outre conclu un accord avec Moscou pour pouvoir pêcher
légalement dans les eaux russes au nord. De son côté, la Russie, sous
l'impulsion du général Gamov, a obligé ses bateaux de pêche à s'équiper de
boîtes noires dès le 1er mai. Mais la résistance a déjà commencé. Selon
certains, les pêches illégales se seraient réorganisées en partie dans les
eaux sud-coréennes. Et Vitaly Gamov a succombé à l'incendie criminel de sa
maison.

 ET
Courrier international "

Source : http://www.lejapon.org/<br><br><br>

Tags : mafia poisson

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